En direct du local des CE

fontsizeupfontsizedown Enregistrer au format PDFenvoyer l'article par mail title=

Entraide sociale pour les salariés de l’IGN : Objectif : les bas salaires et les plus jeunes

Paru dans le numéro 38 - Janvier-février 2009

En tant qu’établissement public, l’IGN ne dispose pas d’un CE proprement dit, mais d’une association du personnel de « loi 1901 » : l’Entraide sociale du personnel de l’Institut Géographique National. Depuis quelques années, une nouvelle équipe est en place. Très attachée à donner une orientation sociale forte et de qualité, elle s’est donné pour priorité de toucher le plus grand nombre de salariés, avec une attention toute particulière pour les plus bas salaires et les plus jeunes.

Jean-Marie Pfeiffer, président, Frédéric Galopin, trésorier, Martial Prévot, responsable Noël et Gilles Péchon, vice-président et responsable Voyages solidaires, nous parlent de leurs motivations, de leurs projets et des moyens mis en œuvre pour les réaliser.

Quand vous avez repris l’Entraide sociale, quelle était sa situation ?

Jean-Marie Pfeiffer : Quand nous avons repris cette association en 2001, il est vrai qu’elle perdait de la vitesse… Il n’y avait alors que 550 membres environ. Aujourd’hui, ce chiffre a doublé, nous comptons près de 1100 adhérents. Nous sommes devenus une véritable PME, avec deux permanentes, une cinquantaine d’embauches à temps partiel sur l’année, un conseil d’administration de 21 membres et une dizaine de responsables de secteur.

Vous êtes une associatio : quelle différence y a-t-il pour les salariés par rapport à un comité d’entreprise ?

Jean-Marie Pfeiffer : Les salariés doivent être adhérents pour bénéficier de nos services. Nous avions d’ailleurs pensé faire une cotisation gratuite, mais finalement, une petite contribution n’est pas si détestable que ça ! Au contraire, ça aide à créer une communauté. Mais je précise que le montant de l’adhésion n’est que de 10 €, ce qui n’est rien par rapport aux avantages !

À votre arrivée, quels ont été vos premiers objectifs ?

Jean-Marie Pfeiffer : Nous avions un projet bien précis, mais pour lequel nous avons tout de suite posé deux conditions. Il fallait que tous les syndicats soient avec et derrière nous, et que l’administration nous donne les moyens de nos ambitions. Notre objectif premier et principal était – et est toujours – de toucher le plus grand nombre. Ensuite, nous avons établi des sous-orientations. Premièrement, favoriser l’économie sociale, que nous considérons comme fondamentale pour dépasser l’antinomie entre secteur public et privé. Et deuxièmement, nous voulions une orientation sociale très forte, qui cible prioritairement les salaires les plus bas et les plus jeunes. Notre association est qualifiée de « sociale », mais il faut l’entendre au sens le plus large.

Vous vouliez toucher les bas salaires ?

Gilles Péchon : Oui, lorsque nous sommes arrivés, nous n’avions aucune petite catégorie qui partait en voyage. Le premier déclencheur a donc été les voyages. Nous avons établi des barèmes de prix très ciblés pour les bas salaires. Au début, nous avons tâtonné. Nous avons progressivement proposé une aide financière de plus en plus forte, jusqu’à ce que nous atteignions un seuil déclencheur. Le prix est fondamental. Et il ne s’agit pas seulement du billet, mais de la location de voitures, de l’hébergement, de la restauration… Nous participons donc aussi à toutes ces dépenses, toujours avec un système de barèmes très important (ndlr : pour les voyages, la participation financière de l’Entraide pour la première catégorie de salaires est de 90 %). Autre point essentiel : nous avons mis en place des délais de paiement avec prélèvement automatique sur salaire, c’est fondamental. Enfin, nous sommes aussi très présents pour l’aide aux personnes en difficulté. Nous avons une commission de prêts à taux 0 % et travaillons avec l’assistante sociale de l’IGN.

Et pour les plus jeunes ?

Frédéric Galopin : Dès le départ, nous voulions toucher les plus jeunes : jeunes salariés, mais aussi enfants des salariés, et donc jeunes parents. Notamment parce qu’il y a une école de cartographie à l’IGN. Gilles Péchon : Oui, les plus jeunes ne venaient pas à l’association, et par exemple ne profitaient pas des voyages.

Martial Prévot : Aussi parce que pendant ces dernières années, l’IGN ayant installé de nombreux centres en province, ce sont surtout les plus jeunes qui y sont allés travailler, et depuis il y a une recrudescence des naissances sur nos sites régionaux ! Du coup, pour les départs en colonie, nous avons décidé de prendre aussi en charge le trajet des enfants de chez eux jusqu’au lieu de départ, à Paris.

Jean-Marie Pfeiffer : Ce sont les vacances solidaires qui ont le plus séduit les jeunes. Depuis deux ans, nous leur proposons également deux bourses par an pour financer des congés solidaires (voir encadré). Bien sûr, nous avons aussi une billetterie financée à 40 %, des achats groupés d’électroménager, des sorties de fin de semaine, des stages de maquillage, d’œnologie, etc. Enfin, pour les enfants des salariés, nous avons sur site un centre de loisirs pour les 6-12 ans, des colonies de vacances pour les 13-15 ans et des « camps Itinérants » pour les 16-18 ans. Mais pour toutes ces activités, ce qui nous intéresse, ce n’est pas seulement de fixer des barèmes de prix. Nous réfléchissons et nous insistons aussi beaucoup sur la qualité et la diversité des activités.

Quels sont vos choix et exigences concernant ces activités ?

Jean-Marie Pfeiffer : Toutes nos activités ont un sens. Comme je l’ai déjà dit, nous privilégions l’économie sociale, par exemple avec les voyages solidaires. Pour les colonies de vacances, nous avons défini un projet éducatif autour du respect de l’autre et de l’environnement. Pour les camps itinérants, il s’agit de découvrir le patrimoine d’un pays, tout en participant à un projet de développement local. C’est une expérience extraordinaire pour ces jeunes.

Frédéric Galopin : Oui, en participant à un camp, ils sont gagnés à cette cause pour toute leur vie !

Gilles Péchon : Récemment, nous avons organisé des séjours de soutien scolaire avec Domicours. L’aide scolaire permet de lutter contre les inégalités. Il y a aussi les Chèques Lire pour inciter les jeunes à la lecture, les Chèques Domicile sur l’utilisation desquels nous sommes très vigilants, des expo-ventes qui privilégient le commerce équitable, etc.

Martial Prévot : Sur les jouets de Noël, notre position est très précise. Les enfants doivent être acteurs et non passifs. Nous cherchons donc des jouets plutôt éducatifs, de qualité et qui durent longtemps. Pour le spectacle de fin d’année, nous faisons quelque chose de vraiment nouveau à chaque fois. Mon meilleur souvenir, c’est une troupe de marionnettistes, « Bolega Bolega », que nous avions repérée dans un festival d’arts pantins. L’histoire racontait la fermeture d’une usine, elle posait des questions de fond, tout en restant accessible aux enfants. Frédéric Galopin : Et en plus, c’était très amusant ! Certes, on veut faire du pédagogique, mais on ne veut pas être rébarbatifs.

Tous ces projets, c’est une très grosse organisation ?

Jean-Marie Pfeiffer : Oui ! Pour répondre à toutes nos exigences, le point capital, c’est d’organiser beaucoup d’activités en interne. C’est très lourd, mais ça permet d’avoir une vraie maîtrise sur l’orientation des activités, ainsi qu’une plus grande diversité. On va se battre le plus longtemps possible, par exemple, pour faire les colonies de vacances en interne : embaucher nos propres animateurs et directeurs, établir notre projet pédagogique…

Martial Prévot : La responsabilisation de chacun d’entre nous est très importante. Organiser un spectacle en interne, c’est bien plus dur que de s’inscrire à une soirée clés en main… Mais c’est la condition pour avoir exactement ce que l’on souhaite.

Vous avez séduit beaucoup de salariés, mais n’avez-vous pas fait aussi des mécontents ?

Martial Prévot : Non ! L’état d’esprit de l’IGN est traditionnellement très solidaire, même si on a fortement accentué les choses.

Frédéric Galopin : Les plus hauts salaires nous disent même qu’ils se sentent gênés de profiter de ces avantages ! Cela dit, c’est vrai que dans l’augmentation des adhérents, il y a eu peu d’ingénieurs géographes (ndlr : poste le plus élevé de l’IGN).

Quels sont les enjeux de demain pour l’Entraide ?

Jean-Marie Pfeiffer : Tout cela est très cher, et c’est une vraie bataille pour que ça existe ! L’enjeu est donc de continuer notre travail dans de bonnes conditions. Nous voulons conserver ce système de gestion en interne, faire évoluer nos colonies de vacances… Pour cela, il faudra des investissements importants, et ce n’est pas gagné ! Enfin, en voulant attirer les plus jeunes salariés à l’association, nous pensions également à la relève !


Marie-André Xandri et Zina Mahbik sont agents de service à l’IGN, mais salariées par un prestataire externe. L’Entraide sociale les a tout de même aidées à financer un voyage solidaire. De retour d’une semaine au Maroc, elles sont enthousiastes !

Vous n’êtes pas salariées par l’IGN et pourtant vous êtes parties en voyage avec l’Entraide…

Marie-André : Je circule partout à l’IGN. Je voyais les gens bénéficier de pas mal de choses… J’ai donc demandé : « Pourquoi pas moi ? » Ils ont fait une réunion et ont décidé que tout salarié travaillant depuis plus d’un an sur le site pouvait adhérer à l’Entraide.

Zina : Ensuite, Ghislaine et Corinne (ndrl : les secrétaires de l’Entraide) nous ont montré le catalogue de La Route de Sens et on s’est décidées dans la minute ! L’avantage, c’est aussi de pouvoir payer en plusieurs fois.

Quels souvenirs gardez-vous de ce voyage ?

Marie-André : C’est mon premier vrai voyage à l’étranger et j’ai adoré ! On a visité plein de choses, dormi dans le désert, rencontré des familles, découvert leur culture… J’étais comme une enfant !

Zina : Tout m’a plu. J’ai découvert les voyages solidaires, ça n’a rien à voir ! Les activités, rencontrer des vrais gens, loger chez l’habitant… On a montré nos photos à tout l’IGN !

Gilles Péchon : Ce sont nos meilleures ambassadrices !


Joël Fouquart, 27 ans, dessinateur-cartographe, et Erwan Rodot, 23 ans, géomètre, sont partis grâce à l’Entraide sociale en Patagonie, dans le cadre d’un congé solidaire avec Planète Urgence.

Comment a commencé cette aventure ?

Erwan : J’ai découvert Planète Urgence en avril. À tout hasard, j’ai contacté l’Entraide pour savoir s’ils pouvaient m’aider à financer un congé solidaire. Ils ont tout de suite été d’accord et en septembre, nous partions pour la Patagonie. C’est vraiment une chance.

Qu’est-ce qu’un congé solidaire et qu’avez-vous fait ?

Joël : Nous sommes partis sur nos propres congés pour remplir une mission d’éco volontariat. L’objectif était de recenser une espèce de cétacé mal connue, le dauphin de Comerson.

Erwan : Nous faisions une sortie en mer par jour pour compter les dauphins. C’était très fatigant, surtout avec le froid et le mal de mer… Mais c’était aussi magique.

Comment a été financé ce voyage ?

Joël : On n’a rien payé sur place, ni hébergement - nous faisions du camping dans un parc naturel -, ni nourriture. Seul le transport était à notre charge, mais entre la participation de l’Entraide et la déduction d’impôt de 60 %, cela nous est revenu environ à 300 €. Sans l’Entraide, je n’aurais jamais pu.

Quel est votre meilleur souvenir ?

Joël : On a vu une baleine plus grande que le bateau. C’est très impressionnant. Je serais le premier à repartir !

Erwan : Il y en a beaucoup. Tout le côté navigation m’a beaucoup plu, ainsi que l’observation de la faune, qui est magnifique.

Recherche



Contactez-nous

Magazine Social CE
1, Parvis de la Défense
Paroi Nord 35e étage
92044 Paris La Défense cedex
Tél. : 01 49 07 27 89
Fax : 01 49 07 27 52

Rédaction :
redaction@social-ce.fr
Abonnements :
abonnement@social-ce.fr
Publicité :
publicite@social-ce.fr

Abonnez-vous

Anciens numéros

Accueil du site | Informations légales | Crédits | Publicité | Contact | Conditions Générales de Vente
Film entreprise. Grande Arche. location villa | actualités cote d'azur