Au sein de la société Knauf-Plâtres (180 salariés), plusieurs salariés ont entrepris l’année dernière de donner une nouvelle impulsion au comité d’entreprise. Constitution de la liste, programme, campagne électorale, et enfin élection : depuis mai 2007, la nouvelle équipe est aux commandes du CE.
Son mot d’ordre : des sorties sportives, festives et culturelles pour tous, toute l’année. Elle a immédiatement mis en œuvre son programme, en organisant une sortie à Roland-Garros le mois même de son élection.
Depuis cette date, les sorties se succèdent à un rythme impressionnant : feux d’artifice de Versailles, tournoi de tennis et Supercross de Bercy, Noël des enfants, repas de fin d’année, trophée Andros, soirée cabaret, matchs de rugby, spectacle de Gad Elmaleh, finale de la Coupe de France et de la coupe de la ligue, etc. Et cela ne fait que commencer : le nouveau CE est élu pour quatre ans ! Rencontre avec une équipe de choc.
Nos interlocuteurs :
M. Kenjy Decodts, secrétaire M. Philippe Alliod, secrétaire-adjoint M. Christophe Iranzo, trésorier
SCE : Depuis son élection en mai 2007, le nouveau CE semble avoir instauré une dynamique qui n’existait pas auparavant. Elle est même remarquable : les activités et sorties s’enchaînent tous les mois !
M. P. Alliod : Effectivement ! Nous nous sommes tous rencontrés sur la même idée : permettre aux salariés d’accéder à des activités sportives, culturelles et sociales grâce au CE. Jusqu’à notre élection, il n’y avait pas beaucoup d’entrain, il ne se passait pas grand-chose au CE. Les activités étaient pratiquement inexistantes. Nous savions que nous pouvions faire beaucoup plus, avec le même budget. Toutes les bonnes volontés ont été acceptées. La nouvelle équipe comporte des personnes qui n’avaient jamais été élues auparavant, et des membres de l’ancien CE.
M. K. Decodts : Nous organisons tous les mois une activité, sportive essentiellement, mais également des sorties-spectacles. Nous avons aussi, dès notre élection, mis sur pied le Noël des enfants et la fête de fin d’année 2007. Notre objectif est de proposer des activités qui plaisent à tous, tout au long de l’année. Dans l’usine, l’extrême majorité des salariés sont des hommes ; les sorties sportives sont celles qui marchent le mieux. Mais les salariées sont également enthousiastes, et nous faisons attention à proposer des activités diversifiées.
M. C. Iranzo : Nous voulions faire sortir les gens. Cela nous semblait important. Et nous sommes contents : ça bouge pas mal, les sorties sont de plus en plus populaires.
SCE : Comment le CE choisit-il les activités qu’il programme ? Y a-t-il des sorties plus appréciées que d’autres ?
P.A. : Nous savions déjà ce que nous voulions faire. En milieu d’année, nous avons fait un petit sondage, sur les sorties prévues dans l’avenir. On s’est aperçus que les choix du CE correspondaient aux demandes des salariés, ce qui nous a confortés dans nos décisions. Les salariés ont toutefois ajouté l’idée d’aller voir des spectacles. Nous les avons intégrés dans le programme de cette année. On a organisé par exemple une sortie pour le spectacle de Gad Elmaleh en avril, qui a eu un succès incroyable : les places que nous avions réservées sont parties en à peine 7 heures !
K.D. : Il y a différents types de sorties. Tout au long de l’année, nous avons une billetterie, pour le cinéma par exemple. Nous faisons également des « opérations coup de poing », comme des places pour Disney ou d’autres parcs de loisirs, le festival « Musik’elles » de Meaux, des places pour des matchs de football. Ce sont généralement des places que nous obtenons une semaine à l’avance, à des prix imbattables, nous ne pouvons pas les programmer à l’avance. Enfin, nous mettons en place les activités de chaque mois. La dernière sortie a été particulièrement marquante : pendant tout le mois de mai, on a organisé un baptême de l’air – sur plusieurs week-ends, pour que tout le monde puisse en profiter. Une trentaine de salariés se sont inscrits, et cela leur a beaucoup plu : les photos défilent actuellement sur le « cadre photo numérique » du CE !
SCE : Le CE propose de nombreuses sorties sportives, y compris pour des matchs et des tournois prestigieux. Comment vous organisez-vous ? Passez-vous par un prestataire de services spécialisé pour réserver ces places et planifier l’année ?
P.A : en ce qui nous concerne, nous ne passons pas par un prestataire spécialisé. Nous traitons avec les organisateurs de l’évènement en direct. Cela coûte moins cher : il n’y a pas de marge prise par un intermédiaire. De plus, on est écouté. Les sorties organisées par un prestataire ne se passent pas forcément bien, on ne sait pas vraiment à l’avance ce que l’on achète. Nous, nous préférons tester avant, pour être certains de notre choix. Par exemple, pour la soirée cabaret, on a été invité, on y a été, on a vu. En somme, on organise cela comme s’il s’agissait d’un mariage ! On a également des contacts. Avec le Stade de France, on a désormais un numéro direct, obtenu après avoir été râler sur leur stand dans un salon des CE, à propos d’une prestation dont nous n’avions pas été du tout contents. Et puis, on a nos petites entrées personnelles, à Roland-Garros, à Disney, chez des autocaristes… on fait marcher le réseau !
SCE : Financièrement, est-ce tenable, sur l’ensemble de l’année ? Le nombre d’activités est impressionnant.
C.I. : Nous savons que derrière, il y a un budget. Nous le gérons, nous ne fonçons pas tête baissée. Les comptes sont jusqu’à présent équilibrés.
K.D. : Il y a des activités qui ne coûtent pas très cher. Par exemple, le pack de trois matchs de rugby sur l’année n’est pas excessif, et le CE les revend à prix coûtant : les salariés y gagnent, car nous obtenons ces places à des prix intéressants, et cela ne coûte rien au CE. Sinon, d’une manière générale, on essaie que le CE prenne en charge 50 % du prix de l’activité. Par exemple, en novembre prochain, nous organisons un week-end au marché de Noël à Strasbourg, avec la nuitée en croisière. Nous avons négocié à 300 € tout compris le week-end par adulte, 200 € par enfant, et le CE prend en charge la moitié par participant. Ce qui coûte le plus cher, en réalité, c’est la fête de fin d’année. Pour elle, la direction nous accorde une aide précieuse.
P.A. : La fête de fin d’année d’il y a deux ans avait été un fiasco. La direction nous a tout de même confié un budget important l’année dernière. Nous avons organisé un repas au château de Ferrière, sur le thème du casino, pour l’ensemble des salariés, en négociant chaque détail et en gérant strictement le budget avec notre trésorier, un bon marchand de tapis ! Sur un effectif de 180 salariés, nous étions 144 présents. La soirée a été magnifique. Sans l’aide de notre directeur, M. Philippe de Vogel, cela n’aurait pas été possible.
K.D. : Cette fête de fin d’année a été beaucoup appréciée des salariés. Ils ont même réalisé un affichage, après la soirée, indiquant : « les salariés remercient la direction et le CE pour la fête de fin d’année ». Cela fait plaisir. Et cela nous motive pour faire encore mieux.
SCE : Parlons de l’organisation matérielle du CE. La mise en place de ces activités a-t-elle nécessité des équipements spécifiques ?
P.A. : On a réalisé des investissements. On a notamment acheté une climatisation (on est en plein milieu de l’usine, il fait très chaud !), un appareil numérique, un cadre numérique. Bref, on s’est modernisés ! On est aussi partis du principe qu’il fallait montrer ce qu’on faisait. D’où le cadre numérique, que l’on a fixé sur le local du CE, et sur lequel défilent les photos prises lors des sorties. D’où également une diffusion en réseau sur le Net.
SCE : Vous indiquez que le CE souhaite que les activités et les sorties profitent à tous les salariés. Est-ce réellement possible ?
P.A. : Dans l’entreprise, il y a différentes catégories professionnelles, et il y a une grande majorité d’hommes. On essaie d’en tenir compte, et de faire des sorties plus variées qu’au début ; aujourd’hui, les ouvriers, les ETAM et les cadres se retrouvent dans le bus, cela fait un petit mixage. Cette année, on a également réussi à toucher davantage les épouses des salariés : on a profité de la fête de fin d’année pour afficher toutes les sorties prévues pour l’année dans le lieu de la réception. Beaucoup d’entre elles ont ainsi découvert nos activités ! On a aussi organisé une soirée spéciale féminine, au Don Camilo – avec interdiction aux hommes de s’inscrire ! Les salariées se sont bien amusées, d’après ce qu’elles nous ont dit. La difficulté est aussi que l’entreprise fonctionne en 5x8. Cela pose des problèmes, par exemple, lorsque nous faisons des opérations sur des billets très intéressants, qui partent en quelques heures : tout le monde n’est pas sur le site en même temps pour pouvoir en profiter. Il y a des critiques à ce propos. C’est pourtant difficile de faire autrement sur ce type de billets. Les salariés ont pris le pli. Pour la fête de fin d’année, comme l’usine tourne, le CE offre un chèque cadeau pour ceux qui ne peuvent pas venir au repas de fin d’année. Le CE a ainsi payé intégralement 130 € de chèques-cadeaux à ceux qui travaillaient ce soir-là .
SCE : Le CE souhaite-t-il continuer sur le même type d’activités, ou est-il question d’évoluer vers autre chose ?
P.A. : On continue, et on veut également faire des choses différentes : par exemple, des week-ends. On ne l’a pas encore fait. Mais l’on souhaite voir si les week-ends peuvent fonctionner. On en a donc planifié deux cette année : au Puy-du-Fou cet été, et en novembre au marché de Noël à Strasbourg. On fera le bilan en fin d’année.
K.D. : Les gens ne sont pas trop habitués à partir en week-end, on fait cela progressivement.
P.A. : Il faut également mettre en vente le week-end suffisamment tôt pour que les gens aient le temps de se retourner, notamment financièrement.
SCE : Une petite question en conclusion : quelle est la dernière activité en date ?
C.I. : le samedi 14 juin : match de foot, barbecue party juste après, et jeux divers l’après-midi pour ceux qui veulent, à Varennes-sur-Seine ! C’est l’occasion de nous retrouver tous. Cette journée est d’ailleurs particulière. C’est la troisième édition du match de football intitulé « challenge Max Delahaye », un challenge organisé depuis trois ans à la mémoire d’un de nos collègues décédé. Ce match oppose Knauf-Plâtres et les salariés de Knauf-ÃŽle-de-France. C’est une belle journée de détente en famille.
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